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Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
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TH&ATRE

ROBERT. — C’est vrai, je suis absurde. Nesais-je pas que je puis compter sur vous?

M me SERVlERES. — Compter sur nous !Encore un mot inexplicable. Mais qu’as-tu, Ro-bert?

ROBERT. — Rien, rien, en v6rite. C’est unreste de fatigue ancienne... II ne laut pas y faireattention, ma tante.

M me SERVlERES. — N’y pas faire atten-tion est vite dit. Si tu voyais la mine que tu as !Ta mere s’inquiete.

ROBERT. — Oh! il y a quarante ans que eettepauvre maman se fait des soucis ä mon sujet.

M me SERVlERES. — Cette fois-ci, non sansraison, car nous trouvons toutes deux qu’ä tonäge tu devrais te remettre plus vite de la criscque tu as traversee.

ROBERT. — II faut croire que je ne suis pasaussi jeune que je le parais.

M me SERVlERES. — Quelle absurdite! Non,il y a autre chose que tu nous Caches et je ne veuxpas te demander ce que tu preferes garder secret.Mais je suis une vieille femme, Robert, et tu saisque je t’aime comme si tu etais mon fils et tu mepermettras de te parier, une fois au moins, libre-ment sur un point qui me preoccupe un peu. Tuas trouve une compagne teile — ta femme de-main ( Robert ne peut reprimer un mouvement) —qu’il est impossible de t’en souhaiter une meilleure.Mais il faut dans toute union quelques menage-ments. Tu aimes la verite, dis-tu, mais touteverit€ n’est pas bonne k dire. Pourquoi as-tuparle ä Perdita de ton passö?