PREFACE
J’ai ecrit cette piece en fevrier 1922 sur lesbords de la Mediterranee, ä Cagnes. J’y pen-sais depuis longtemps. Le sujet me paraissaitpropre ä etre traite d’une fagon dramatique.Je le voyais dans mon esprit comme unesuite de scenes s’enchainant et menant lespectateur par une pente necessaire de l’expo-sition au noeud de la piece, puis ä son denoue-nxent. 11 n’etait pas besoin ici de s’attarder äla peinture minutieuse d’un milieu ou d’unesociete ; les caracteres eux-memes etaientaus&i generaux que possible. II suffisait deprendre des etres droits, sains, courageux,eloignes de toute exageration, sinceres enverseux-memes et envers les autres, et de lesplacer soudain dans une action tragique.En somme, les seuls moyens de la tragedieclassique devaient etre employes. Cela etaitbien seduisant. J’y revai ä loisir pendantplusieurs »mois.
Je savais que le sujet de la Fille perdueecarterait de moi les directeurs et que j’avaispeu de chances d’etre joue. J’avais fait vingt