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LA FILLE PERDUE 201
pour profiter des quelques heures de soleil,
M me DUPREY. — Et, en revenant, vousgoüterez chez moi.
ROBERT. — C’est entendu.
M me DUPREY. — Alors, h cette apres-midi.
ROBERT. — Tu te sauves dejä?
M me DUPREY. — Eh ! mon petit, j’ai monmanage et le tien ä diriger. Et puis, je veux ache-ter des gäteaux moi-meme pour Ie goüter. Perditaa un tel appetit... Je te laisse avec ta tante. Aurevoir.
(Elle sort par le fond.)
M me SERVlERES. — Ainsi, Perdita a biendormi?
ROBERT. — Elle a dormi d’une traite, paralt-il,d’hier soir ä ce matin. C’est beau la jeunesse.
Mme SERVlERES. — II ne restera bientötplus de trace de cette crise si grave. Un de sesrösultats aura ete d’attacher ä jamais ta mere äPerdita. Jusque-lä eile etait un peu sur la defen-sive. Maintenant, eile lui a donne tcut son coeur.
ROBERT, avec fievre. — Ah ! rien ne peut mefaire plus plaisir que ce que tu me dis lä,ma tante!Oui, il faut aimer Perdita, toutes deux, la cherir,l’entourer, ne pas la laisser seule...
Mme SERVlERES. — Mais avec quelle cha-leur parles-tu tout ä coup? Pourquoi cette emo-tion en me disant des choses si simples, si natu-relles? On dirait, ma parole, que tu as oubliecomment nous avons accueilli Perdita chez nous.Qu’as-tu ä craindre de notre part? Pourquoit’enflammer ainsi?