LAjFILLE PERDUE 193
moi, je vais mieux, je ne suis plus malade. Tu vasle voir du reste. II faut que je te parle.
ROBERT. — Qu’est-ce qui te presse? Quandtu seras remise, il sera temps.
PERDITA. — Je ne dois pas attendre, pasune minute...Seulement, ne reste pas lä,sipresdemoi,car cela me rend presque impossible de direce qu’il faut que je te dise... ficarte-toiun peu,jete prie. (Elle le repousse un peu.) Ne m’en veuillepas... Mets-toi dans ce fauteuil, lä, en face demoi... ( Comme Robert hesile.) Ne me contrariepas pour une si pelite chose. ( Robert , cette fois-ci,sans dire unmol,s’assied dans lefauleuilelattend.)Ah ! j’ai encore une priere ä t’adresser... Ne meregarde pas ainsi... Je serai sans force si tu meregardes.
ROBERT. — Je ferai ce que tu voudras, bienque je ne puisse deviner oü tu veux aller
(II delourne les yeux , mais les reporte ä plusieursreprises sur Perdita.)
PERDITA. — Ge que j’ai ä dire est difficile,.vois-tu. En v6rite, c’est au delä des forceshumaines. II faut que je nepense ä rien,sauf ä latäche que j’ai devant moi. 11 importe que je nelaisse pas mon esprit divaguer, que ma paroleaille droit au but. Robert, as-tu confiance enmoi?
ROBERT. — J’ai en toi une teile confiance,entiere, absolut-, qu’il n’est au pouvoir de per-sonne, pas meme au tien, de la detruire.
PERDITA. — 11 faut qu’il en soit ainsi. G’estbien... Tu sais aussi que je ne puis te vouloir