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Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
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TH^ATRE

PERDITA, tonjours faible. — II semble qucje sois torabee d’une tour tres haute. Je suisbrisee, j’ai mal partout.

ROBERT. — Pauvre petite, toi que j’ai tou-jours vue si solide ! Quelle secousse ! (II sepenche sur eile et lui baise le front. Elle le repoussedoiicemenl de la rnain.) Est-ce que je t’ai faitmal?

PERDITA. — II ne faut pas...

ROBERT. — Que dis-tu?

PERDITA. — II ne faut pas me toucher...Je t’expliquerai tout ä l’heure quand je seraiplus forte.

ROBERT. — Tu n’es pas encore toi-meme etje ne comprends pas tes paroles. Mais repose-toi... 11 te faut du calme, et dormir aussi.

PERDITA. — Je ne pourrai pas dormir.

ROBERT. — D’oü te vient ce malaise? Tu6tais si bien ce matin. Ce n’est pas notre con-versation, pourtant, je ne me le pardonneraispas.

PERDITA, qui reprend ses forces. — II yavait de l’orage dans l’airquenous respirions, etsoudain la foudre a eclate, detruisant tout...Mais je vais mieux. J’etais si faible que j’avaispresque perdu conscience, je te voyais commedans un nuage ; je ne pensais ä rien... Mainte-nant le brouillard se dissipe. ( Poussant un cri.)Ah ! c’est une autre douleur. Robert, Robert !je ne puis la supporter.

ROBERT, se penchanl vers eile. — Perdita, tusouffres encore? Ma pauvre enfant !

PERDITA, l’ecariant doucement. — Laisse-