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Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
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THEATRE

aucun mal, que ton bonheur m’est plus precieuxque la vie.

ROBERT. — Je le sais, Perdita, mais le tonsolennel de tes paroles m’effraie.

PERDITA. — Attends... II faut que tusaches aussi que je suis maintenant moi-meme,qu’il n’y a plus aucune faiblesse en moi, aucunetrace d’egarement, que je vois clair, que je neme trompe pas... Sache enfin que ce que je vaiste dire est sans appel, et, ecoute-moi bien, nepeut etre discute. ( Elle s’arrile un instant cotnmepour rassembler ses forces.) Robert, il faut queje te quitte.

ROBERT, courant ä eile et se jetant ä sesgenoux. — Perdita, tu dis avec un accent serieuxet qui me glace, des folies. Ce n’est pas toi quiparles ainsi, ma petite Perdita. C’est quelqu’unde nouveau, que je ne connais pas, qui me faitmal. Reviens ä toi, je t’en supplie.

PERDITA, le relevant. — Releve-toi, Robert,tu ne dois pas rester ä mes genoux... Pardonne-moi la peine que je te fais aujourd’hui; je n’ensuis pas responsable; je souffre autant que toi.

ROBERT, avec une grande nervosite. — Tucomprends bien, Perdita, que je n’accepte pasun instant les paroles que tu viens de prononcer.Je les prends avec beaucoup de calme, parce queje n’y accorde, parbleu, aucune signification.Seulement, il faut que tu m’expliques ce qui a put’amener ä penser, meme un instant, que nouspourrions nous quitter, nous, toi et moi. Tu n’ysonges pas, vraiment. De quelle mechante f6eas-tu ete victime? Voyons, dis-moi cela simple-