LA FILLE PERDUE
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le printemps venu, si rien n’arrive, nous parti-rons.
PERDITA. — Si rien n’arrive? Que veux-tudire?
ROBERT. — II est sage de faire sa part audestin. Toi qui sais tout,n’as-tu jamais entenduparier d’une tres meehante deesse, la Nemesis?Ne vois-tu pas que le couple que nous formonsest, eomme je le disais dejä ä Saint-Moritz, unvivant defi aux dieux. Prends garde qu’ils ne sevengent.
PERDITA. — N’essaie pas de m’alarmer,Robert. Tant que je suis pr£s de toi je ne crainsrien et, comme il est au dela des forces humainesde nous separer...
ROBERT, ä moilie serieux. — Jmprudente,imprudente, ne defie pas les dieux !
PERDITA. — Je n’aime pas t’entendre par-ier ainsi, mon araour. J’etais heureuse et gaie,voilä que tu vas me rendre triste. Tu m’as cruecourageuse,mais je faisseulementsemblantd’etrebrave ; au fond je suis une toute petite fdle quis’elfraie vite maintenant qu’elle est heureuse.Autrefois, avant de t’avoir rencontre, c’etait untentiment qui m’etait etranger. Quel dangerpouvais-je courir? Je ne le voyais pas. II mesemblait que j’etais assez forte pour supportertout ce qui pouvait arriver. Mais aujourd’hui,j’ai peur parce que j’ai quelque chose de precieuxä Conserver et qu’il me faut le defendre. Quandon y refldchit, il y a tant de forces cachües quitravaillent contre nous, tant de mysteres redou-tables qui nous entourent. Je crois te connaitre,