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THEATRE
ROBERT. — Entre toi et moi, il y a des liens |plus solides : nous nous aimons. Le reste, c’est des jarrangements pour les autres. !
PERD1TA. — Ecoute, lorsque nous seronsmaries nous nous appliquerons ä l’oublier. Nousne prendrons pas un air serieux, nous ne nousfixerons pas ä jamais ici. II nous faut voyagerencore. Tu l’as dit : je suis comme un oiseau dehaute mer. Nous irons tres loin, jusqu’oü l’on seperd. Je suis moi-meme une espece de fille per-due qui ne sait d’oü eile vient. j
ROBERT. — Nous irons dans des pays loin- Jtains oü il n’y a pas d’Europeens. As-tu lu le livrede Stevenson sur les lies du Pacifique : Dans les :mers du Sud?
PERD ITA. — Je l’ai lu et je l’aime.
ROBERT , — Ce livre a toujours exerce surmoi une Sorte de faseination. J’ai reve que jevisitais ces lies de lumiere et que je vivais avecnos grands freres primitifs. Te souviens-tu del’extraordinaire roi Tembinok qui joue au pokeravec ses femmes et qui, usant de son autoriteroyale, se fait donner deux mains? Ainsi gagne-t-il toujours, comme il convient ä un roi, et re-prend-il ä ses epouses le tabac dont il leur a faitpresent. Voudrais-tu me suivre jusque lä-bas?
PERDITA. — Tous les deux seuls, loin dumonde !
ROBERT. — Eh bien, il faut y penser tres jserieusement, ma petite Perdita. Nous vivronsavec ce projet d’abord ä Paris pendant l’hiver ;nous lirons les livres des voyageurs, nous consul-terons les cartes, nous croirons y etre dejä et :