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Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
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LA FILLE PERDUE

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M me SERVlERES. — Elle etait charmante,Vraiment. Te rappelles-tu quand nous allionsla voir, en nous cachant, aux Champs-Elyseesoü eile jouait avec sa bonne? Elle avait degrands yeux pervenche, si serieux, si profondsdejä et de beaux cheveux blonds boucles. Quellefralcheur ! Quand meme tu ne voulais pas enconvenir, tu l’aimais de tout ton coeur.

M me DUPREY. — Oui, Marie, c’est vrai.Queveux-tu? l’enfant de Robert !

M me SERVlERES. — C’est lä, aux Champs-Elysees, qu’il a fait la seule photographie qu’ilait d’elle, pres de la voiture aux chevres. C’esttout ce qui reste du Robert d’autrefois, la photo-graphie d’une petite fille qu’il a aimee et perdue.

(On enlend un bruit de voix sur la terrasse, ägauche.)

Enlrenl par la terrasse Robert et Perdila. II eslgrand, robuste, rase , il porle un complet decouleur claire avec culoite, bas et grossesboltines. Elle esl de taille moyenne, mince,souple, la demarche assuree. Ses cheveuxsont chälains avec des reflets dores. Elle porleune jupe courle et un golf de couleur vive.

M me SERV lERES, les regardant , tandisqu’ils arrivenl du fond de la terrasse, ä gauche. —Ah ! le beau couple ! Comme ils ont Fair heu-reux !

ROBERT. — Vous etes encore lä ! Tantmieux. Tante Marie, je te presente ce qu’il y ade mieux ä Saint-Moritz, mon amie Perdita.

M me SERVlERES, se levanl et allant ä