LA F1LLE PERDUE
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je parie qu’elle est avec Robert — seule, cela vasans dire — k Sils Maria. Elle doit avoir luNietzsche eile aussi. Que n’a-t-elle pas lu? Peut-etre reviendront-ils avant que nous allions pren-dre le the chez les Leroy au Carlton. Sinon, tula verras ce soir danser avec Robert, ici meme.
M me SERViERES. — En somme, je decouvreque mon neveu mene une vie fort agreable äSaint-Moritz.
M me DUPREY. — II ne veut voir que desjeunes gens et des jeunes filles. II fuit comme Iapeste les conversations serieuses avec les gensde son äge. Quel changement en lui, Marie,depuis la guerre ! Avant, il s’interessait k sacarriere, il travaillait, il etait fort bien note.Depuis, il semble ddtache de tout ce qui a etesa vie anterieure. Tiens, j’avais oublie de te ledire, il a regu avant-hier une lettre du ministere.On lui offre un poste excellent, premier secre-taire de l’ambassade ä Londres, s’il veut re-prendre du service. Nous avons eu une longueconversation ä ce sujet. Mais je n’ai pu changersa decision. Il refuse tout net et tu sais commentil est, on a peu de prise sur lui. Il m’a reponduen plaisantant qu’il n’avait plus la vanite dese croire indispensable, qu’un autre rempliraitaussi bien que lui ce poste et en tirerait unegrande satisfaction et qu’il etait resolu k vivrelibrement, puisqu’il en a les moyens, la secondePartie de sa vie.
M me SERV iERES. — C’est un Programmequi se defend.
M me DUPREY. — Il semble qu’aujourd’hui
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