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Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
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LA PlLLlS PERDUE

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Ä/ mc DUPREY. — On ne sait d’oü eile vient,d’Amerique, je crois, en dernier lieu, bien qu’ellesoit nee en France. Enfin, c’est ce qu’on appelleune cosmopolite. Tu sais, dans des endroitscomme ici, on ne demande aux gens, ni quiils sont, ni d’oü ils viennent, ni raeme leur nom.II suffit qu’ils soient agreables. II n’en faut pasplus pour qu’on les adopte, et, pour mettre leschoses sur un pied de simplicite, on leur donneun surnom. Pour cette jeune fille, c’est Per-dita. Me vois-tu la belle-mere d’une lille quevingt personnes appellent Perdita?

M me SERVlERES. — C’est shakespearien.Et avec qui est-elle ici?

M me DUPREY. — Avec un jeune menageanglais, tres bien, du reste. Mais eile sort seule,naturellement. Dans ces stations d’ete, on aune liberte inimaginable. On se promene, äpied ou en voiture, avec un ami, on va danser lesoir sans chaperon. On rentre par couples, brasdessus bras dessous.

M me SERVlERES. — Je sais, je sais. J’aihabite des pays oü cela se pratique couramment.

M me DUPREY. — Et tu trouves cela bien?

M me SERVlERES, haussant un peu lesepaulcs. — Cela ne me terrifie pas.

M me DUPREY. — Enfin, cette Perdita a uneaudace de langage extraordinaire. Elle parle detoutes choses comme beaucoup de jeunes femmesn’en parleraient pas.

M m e SERVlERES. — Cela ne veut peut-etrerien dire, ma chere Marguerite. Ce ne sont pastoujours les jeunes fillcs qui parlent librement