LA FILLE PERDUE 141
M me SEliViEBES. — Est-ce pour cela quetu m’as ecrit de venir aupres de toi?
M me DUPBEY. — Oh ! non, je ne t’auraispas derangee pour si peu. J’avais bien envie dete voir, mais il y a autre chose, Marie.
M me SEBVlEBES. — Je le pensais bien. Ehbien, maintenant que nous sommes seules,raconte-moi tes grands soucis.
M me DUPBEY. — Ne commence pas par temoquer de moi. Tu verras, c’est serieux... Nousallons causer un peu. Nous avons le temps,Robert est sorti pour l’apres-midi.
M me SEBVlEBES. — Tiens, c’est vrai. Oüest-il, mon neveu?
M me DUPBEY. — Ila ete avec des amis,bum ! des amis? enfin, je t’expliquerai, jusqu’äun village voisin, Sils Maria, voir la maison oüa vecu Nietzsche. ( Levanl les yeux sur sa samr.)Tu l’as lu, toi, ce Nietzsche?
M ma SEBVlEBES. — J’en ai lu un livre oudeux. C’est difficile.
M me DUPBEY. : — Je n’en ai pas lu une ligne,et ä mon äge je ne m’y mettrai pas. C’est unetoquade de Robert. II n’en sortira rien de bon,de cet Allemand, selon moi... Enfin, passons,ce n’est pas de cela qu’il s’agit... Je vais te direce qui en est, Marie. Eh bien ! j’ai peur queRobert ne soit amoureux.
M me SEBVlEBES, Hanl. — Mais, sapristi,ce n’est pas la premi&re fois que cela lui arriveä mon neveu. Tu devrais en avoir pris l’habitude.
M mß DUPBEY. — Attends un peu, Marie.Parbleu, je sais bien comment a vecu mon fils.