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scsur. — Je n’ai pas dormi. II faut s’habituer hl’altitude. Mais l’air est si pur et si vif ici quede l’avoir respire quelques heures seulement, jene me ressens plus des fatigues du voyage.
M me DUPBEY. — Tu es restee tres jeune,Marie.
M mo SERVlEBES. — Jusqu’ä present, jen’ai pas ä me plaindre.
M me DUPBEY. — Comment as-tu trouveRobert?
M me SEBVlEBES. — Splendide. II ne portepas son age. Qui dirait k le voir qu’il a quaranteet un ans? En voilä un que la montagne a sauve.
M me DUPBEY. — Comme il y a pris goüt!C’est curieux, quand on pense qu’il y a 6t6amen6 dans de si tristes circonstances, commeprisonnier malade evacue d’Allemagne. Main-tenant il m’y ramene tous les ans trois semainesen etA Moi, je t’avoue que je pref^rerais resterchez moi. Mais quoi, il s’amuse ici et, comme il ala gentillesse de me demander de Paccompagner,je le suis. Pourtant jen’aime pas cette vie d’hötel.On ne sait qui on y rencontre. Je suis trop vieillepour me faire ä toutes ces figures nouvelles.
M me SEBVIEBES. — Tu as toujours ete unpeu effrayee par ce que tu ne connais pas.
M me DUPBEY. — Que veux-tu, Marie, jesuis fait.e ainsi. Toi, tu as voyagö. Tu as suivi tonmari dans ses postes ä Petranger, Je n’ai gu&requitte mon foyer ; je ne connais de la vie quecelle qu’ont menöe mes parente, celle que j’aimen6e moi-meme dans des horizons familiers.Alors je suis un peu depays^e ici.