•Ü.4*'
118 PRI2FACE
utile ; il se häte au besoin ; uu « blanc » dansle texte peut etre plus charge de sens qu’unepage entiere ; une brusque coupure en ditplus qu’un chapitre (le fameux « II voyagea »de YEducation sentimentale ). II emploie lesmoyens qui lui plaisent pourvu qu’il pro-duise P eff et voulu. Le temps ne fait rien äl’affaire. Cent pages pour la Princesse de Cle-ves. Dix volumes pour les Miserables.
Mais Pauteur dramatique ! Le temps luiest strictement mesure et il est toujours lememe! On lui accorde deux heures et demie.Il lui faut en ces brefs moments prendre unspectateur distrait, lui presenter ses person-nages, exposer son sujet, le developper etconclure. Il doit capter Pattention du publicet ne pas la lächer. S’il la perd un instant, il arnille peines ä la retrouver. Du reste, il n’ena pas le loisir. Le temps est sur lui et letalonne. Chaque replique marque une etapevers un denouement pressenti et inevitable.Il doit etre compris tout de suite ; on ne luipasse aucune fantaisie; on ne lui fait aucuncredit. Oüsont les longues flaneriesduroman?
Mais cela n’est rien encore. A qui s’adresse-t-il? Est-ce ä cet homme isole, de loisir,d’esprit libre qui prend un roman ä sonheure?
Non, il ne s’adresse pas ä un homme, maisa une collectivite ; il ecrit, pour ce monstre