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Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
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PREFACE

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blic de e-on temps, c’est, par-dessus lui, ä laposterite qu’il s’adresse, ä la posterite quile vengera du dedain de ses contemporains.II a tort, du reste, de mepriser les gens aveclesquels il vit. Les connait-il seulement? IIleur a vu donner des preuves de mauvaisgoüt. Mais il en a toujours ete ainsi et ausiede de Louis XIV, le public — une elitepourtant — n’etait pas plus ralfine que ce-lui d’aujourd’hui. Les deboires de Racine endisent long lä-dessus. Heureusement il v a,ä chaque epoque, des honnetes gens degoütespar la mediocrite de ce qu’on leur offre etprets ä aimer une oeuvre nouvelle et forte. Enverite, l’ecrivain se fait de ses lecteurs uneidee plus ou moins haute suivant qu’il a lui-meme une äme elevee ou basse.

Seulement le romancier et le dramaturgene s’adressent pas au meme public. Le ro-mancier gagne ses lecteurs un ä un. Lelecteur est seul au coin du feu pres d’unelampe amie et il reste maitre de disposerde son temps ä sa guise. Peut-etre met-tra-t-il une douzaine de demi-heures enautant de jours ä achever le livre de sonchoix, peut-etre une nuit seulement. Il leferme pour s’abandonner aux emotions eveil-lees en lui ; il le rouvre quand il en a envie.Le romancier ä une page de distance empörteson lecteur ä cent lieues ; il fläne s’il le juge