MADEMOISELLE BOURRAT 89
M me BOURRAT. — Sans doute, mais iltralne inutilement. Depuis six semaines, il vientpresque tous les jours.
M. BOURRAT. — Il y a beaucoup de docu-ments, et puis M. Allemand est un savant, Char-les me l’a dit.
Mme BOURRAT. — Un savant ! Peuh ! S’il6tait un savant, il aurait trouve pour ta familledes actes plus anciens que ceux qu’il a. 11 ne peutpas remonter au delü de 1580 pour les Bourrat.Qa fait pitie ! Il a bien su denicher pour M me Du-ret un acte de 1568. Ah ! si c’etait moi qui tra-vaillais, ga ne tralnerait pas.
M. BOURRAT. — Mais, ma bonne, s’il netrouve pas des actes plus anciens, il ne peutpourtant pas en inventer.
M me BOURRAT. — Les actes existent. S’ilcherchait, il les trouverait. ( Elle passe dans legrand salon oü M. Bourrat la suit.) Mais il necherche pas, voilä la vdrite, parce qu’il sait quecela ennuierait M me Duret, si on montrait desactes prouvant que les Bourrat sont ä Valleyresdepuis plus longtemps que les Duret. Et commeM. Allemand passe les soirees du mercredi chezM me Duret, et qu’il sait oü sa creche est biengarnie, il n’y a pas de danger qu’il aille indisposerMme Duret contre lui. Tiens, il faut tout t’expli-quer, comme ä un enfant, tu ne comprends rien.
Enlre M lle Bourrat par la droite. Elle porte utierobe claire de mousseline, un peu raide. Ellea un gros nceud de velours noir dans les che-veux.