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Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
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THEATRE

c’est l’hiver. Ah ! dites-moi au moins qui lesoignera?

MBOURRAT. — Non, je ne te le diraipas. Tu sais maintenant tout ce que tu doisjamais savoir. Le reste ne te regarde pas. {Ellepasse au salon.)

M lle BOURRAT, pleurant et la suivanl. — Qane me regarde pas ! Oh ! maman ! maman !Comment pouvez-vous dire cela? Mon enfant !...

M me BOURRAT, avec colere et se monlanlpeu ä peu jusqu’ä la fureur. — Ah ga, crois-tudonc que c’est pour mon plaisir que je fais toutcela? Crois-tu donc que ga m’amuse, moi, d’etreemprisonnee ici dans l’obscurite, de ne plusvoir personne, de trembler comme aujourd’huiquand, par hasard, une visite nous arrive? jCrois-tu donc que c’est facile d’arriver a dissi- 1muler une chose pareille? II s’en est fallu derien que je ne puisse le cacher. Et commentgagnerons-nous la fin? Reussirai-je jusqu’aubout? Si je n’avais pas le docteur Maigret pour Icousin, nous serions perdus ! Oü serait la familleBourrat? obligee de fuir, de vivre dans la honte! ,Nous ferions le sujet de toutes les conversationshaineuses de Yalleyres, la joie des journaux jradicaux du departement entier ; notre nomhonorable serait trafne dans la boue, et tout caparce que toi, miserable, tu... ( Elle begaie defureur) tu... comme une bete... Ah ! tu as eu Itort de m’y faire penser. Tant pis pour toi. Oui,tu aurais dü mourir de honte, et tu as le frontde reclamer, de te plaindre. Ah, tais-toi, tais-toi.{Elle marche sur sa [Ule terrifiee.) Je ne puis plus