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Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
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MADEMOISELLE BOURRAT

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vivre comme cela. J’en mourrai, je vous assure,j’en mourrai... Pourquoi ne voulez-vous pas mele dire? A toutes les minutes du jour je medemande ce que vous ferez de mon petit. Dites-moi, je vous en prie, si je pourrai le voir sou-vent.

M me BOURRAT, Iranchanle comme une lamede couleau. — Apres tout, j’aime mieux t’enle-ver tes illusions tout de suite. Mets-toi biendans la tete que c’est la premiere et dernierefois que j’ouvre la bouche k ce sujet. Ne medemande pas d’autres details, c’est inutile, tun’en auras pas, et souviens-toi de ce que je tedis maintenant, tu ne verras jamais ton enfant,jamais!

M Ue BOURRAT, poussanl uncrisourd. —Ah!jamais... jamais !

M me BOURRAT. — Imaginais-tu donc quej’allais te laisser jouer ä la poupee avec cetenfant? Non vraiment, je me demande ce quetu as dans la tete. Ce que j’ai ä faire pour sauvernotre honneur est assez dangereux pour queje ne m’expose pas ä des risques inutiles.

BOURRAT, alterree. — Jamais! Jamais !

M me BOURRAT. — C’est comme 5a.

M lle BO URRA T. — C’est cruel, c’est affreux !Oh ! ce petit !

M me BOURRAT. — Ne t’en prends qu’ä toi-meme. Regarde oü tu nous as menüs, il est bientemps que tu paies un peu, toi aussi.

BOURRAT, pleurant. — Mais oü sera-t-il? Qu’enferez-vous dupauvrepetit? Iln’estpascoupable, lui. Oü le mcttrez-vous? II aura froid,

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