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Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
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MADEMOISELLE BOURRAT

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tous les jours, en cachette de maman, bienentendu. Ce que je m’en vais le dorloter, lecäliner, le petit cheri ! J’en serai folle, tu sais.Je ne puis plus attendre qu’il vienne. C’est silong, je compte les jours, 5a n’en finit pas. Sic’est un garcon, il s’appellera Robert, j’aimebeaucoup ce nom ; si c’est une fille, Angelique.Mais ce sera un gargon, j’en suis süre,tout ä faitsüre, un bei amour de garcon.

CAROLINE. — Comme tu m’amuses ! Ondirait qu’il est ä toi.

M lle BOURRAT, rappellee ä la realite ei Iresinquiete. — A moi... non, non, je n’ai rien dit,rien du tout. Tu te trompes. Qu’est-ce que tusupposes?

CAROLINE. — Que tu es dröle aujourd’hui!Tu t’excites comme ga pour rien. (Se levani.) Jeme sauve ; sans ga, ta mere viendrait m’appeler.Au revcir, cherie, ne te fatigue pas, tu es enervee,tu m’inquietes, il faut te reposer. Et cache bienta petite brassiere.

M lle BOURRAT. — Sois tranquille. Adieu,Caroline, merci. ( Caroline sort par le fond.)

M lle BOURRAT, renversee en arriere. — Jen’en puis plus... J’ai cru un moment que j’allaistout dire. ( Elle reste accablee.)

Entre A/ m0 Bourrat par la droile. Elle va ä lasonnelle el sonne, puis se promene de long enlarge, absorbee. Enlre Louisa.

M me BOURRA T. — Allumez la lampe.

LOUISA. — Bien, madame. (Elle allume unelampe qu'clle place sur la iable pres de la fenetre.