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Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
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MADEMOISELLE BOÜRRAT

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M lle BOURRAT, tres emue,. — Je t’en prie,Caroline, rends-la moi.

|rf CAROLINE. — Mais qu’as-tu? Tu es toutetrerablante 1

M lle BOURRAT. — Oh ! si maman la voyait,ce serait affreux. Donne-la moi !

CAROLINE, lui donnani la brassiere. — Maisvoilä, ma pauvre. Elle est donc toujours bienterrible, ta mere?

M Ue BOURRAT, qui n’a pas repris son sang-froid. — II ne faut pas qu’elle sache.

CAROLINE. — Mais quoi? Explique-moi aumoins, ä moi.

M lle BOURRAT, egaree. — T’expliquer, k toi?Je ne peux pas, je ne peux pas, ne me demanderien. Je ne sais rien, d’abord, rien.

CAROLINE. — Mais, ma cherie, tu es malade.Je le vois bien. Te voilä k trembler parce queje t’ai trouvee en train de tricoter une brassierepour un bebe. II n’y a pas de peche k cela. Tutravailles en cachette de ta mere pour un petitque tu connais? C’est tout naturel. Je ne tevendrai pas.

M lle BOURRAT, essouflee. — Oui, oui, c’estga... Tu as devine. G’est pour un petit... oui,pour le petit d’une paysanne pres d’ici. Elleest tres pauvre... et malheureuse... je la connais,et le petit naltra en hiver. Alors, comme ca,j’ai pense que pour ce pauvre petit qui viendraquand il fait froid, il faudrait lui faire une bonnebrassiere de laine.

CAROLINE. — Je te reconnais bien lä. Tu es