MADEMOISELLE BOURHAT
59
M me BOURRAT , leniement. — Ici. je suis chezmoi. Ici, je suis maltresse. Je saurai arrangernotre vie et ne rien laisser au hasard. Ta flilepeut sortir eneore jusqu’ä la fin d’octobre. Ellen’a jamais eu une jolie taille. On ne s’apercevrade rien. Mais h partir d’octobre jusqu’4 fevrier,eile ne verra personne qu’ici et avec moi. Je ne laquitterai pas une minute.
M. BOURRAT. — Ma pauvre Alle !
M me BOURRAT. — Ah ! parbleu oui, c’estbien ta fille ! Tu ne peux la renier. Elle n’a riende moi ; il n’y a qu’h la regarder. Elle est grassecomme les Bourrat, paresseuse comme les Bour-rat, sans cervelle, toujours comme les Bourrat.Jamais une Maigret n’aurait fait ce qu’elle a fait !Et toi qui choisis ce moment pour larmoyer surson sort ! J’ai autre chose, et de plus important äfaire, que de la plaindre. Je ne songe qu’au scan-dale qui nous menace tous, par sa faute. II n’y aplus qu’une seule chose qui doive compter ä nosyeux, l’honneur de la famille. Qu’importe que tafdle soulfre ou ne souffre pas, maintenant ! J’ai-merais mieux la voir morte que deshonoree. Elles’ennuiera? La pauvre petite ! Tais-toi donc.Ta fdle sera malade, s’il lc.faut, eile gardera le litpendant trois mois si c’est necessaire. Je ne saispas encore'ce que je ferai, maisjl laut que per-sonne au monde ne se doute de ce qui se passeici ; j’entrevois seulement mon plan, mais jereussirai parce que je le veux, parce qu’il le faut,comprends-tu?
M. BOURRAT. — Je sais bien que toi seulepeux nous tirer de lä.