I
MADEMOISELLE BOURRAT 43
M, BOURRAT, timidement. — Y tiens-tutant que ga, ä ce mariage?
M me BOURRAT. — Si j’y tiens? Mais tu esfou. Des Aulnoys a vingt-cinq mille francs derentes en terres, et il est d’une des meilleuresfamilles du pays. Mais tous nos amis de Valleyresen creveront de d6pit. Vois-tu ce que va direcette pauvre M me Duret avec ses trois filles surles bras?
M. BOURRAT. — Sans doute, sans doute.Mais il a quarante-cinq ans, il est un peu ours,il ne voit personne.
M me BOURRAT. — J’aime beaucoup mieuxmarier ma fille, qui n’a point de caractere, ä unhomme de caractere fait.
M. BOURRAT. — Et puis, il habite si loind’ici. On ne verra jamais fifille.
M me BOURRAT. — G’est ga, l’argumentego'iste, je l’attendais. C’est pour toi que tuveux marier ta fille, ce n’est pas pour eile. G’estvraiment desolant d’entendre des choses pareilles.
M. BOURRAT. — Mais non. Seulement, est-cequ’on ne disait pas aussi... qu’il buvait un peu?
M me BOURRAT, impaliente. — Qu’est-cequ’on ne dit pas? G’est facile de parier. Est-ceque tu crois comme un enfant tout ce qu’onraconte? Moi, je n’en crois pas un mot. Du reste,est-ce que tu as mieux ä me proposer? Unedesmeilleures familles du pays et vingt-cinq millefrancs de rente en terres? As-tu mieux que cela?Dis-le. J’attends !
M. BOURRAT. — Mais es-tu süre que fifillevoudra?