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Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
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th£atre

ROBERT, avec desespoir. — Ah ! ma tante,laisse-moi, ne me questionne pas ; je ne puis terepondre. Tu viens de le dire : il y a des cas oü ilvaut mieux vivre dans l’ignorance et le mensonge.Que ne l’ai-je su plus tot? Aujourd’hui, il est troptard. Perdita maintenant ne pourra plus suppor-ter ma presence aupres d’elle.

M me SERVlERES. — Tu deraisonnes. Com-ment une idee aussi folle peut-elle se presenter ätoi?

ROBERT. — Attends, attends, et tu verras...Jusqu’ä präsent, par une Convention tacite quenous avons respectee depuis que Perdita a etemalade, il y a un sujet que nous n’avons pasabordß et qui ne peut etre touche. Mais, mainte-nant qu’elle est retablie, je tremble. Elle entreraici dans un instant et, lorsque je serai en sa pre-sence, je ne pourrai ni lui parier ni la regarder. Achaque minute, j’aurai peur, comprends-t.u? oui,peur... Les choses en sont arriv^es k un tel pointque je regrette aujourd’huiletemps oü il fallait kchaque heure l’arracher ä la mort, car mainte-nant, il suffit d’une phrase, d’un mot, pour quela foudre eclate...

M me SERVlERES. — Robert, tu me terri-fies. Dans le desordre de tes paroles, j’entrevoisje ne sais quoi de terrible.

ROBERT. — Ah ! ma tante, laisse-moi ; j’enai dejä trop dit.

M me SERVlERES. —Tu me fais redouterle pire...

ROBERT, faisanl un grand effort sur lui-m&me.

•— Non, rassure-toi, j’avais perdu la tete... Mais