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Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
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LA FILLE PERDUE

M me SERVlERES. — Eh ! n’est-ce pas natu-rel apres la crise qu’il a traversee? Voir la femmeque l’on aime sur le point de mourir, la veillernuit et jour, comment s’etonner qu’il soit fati-gue?

M me DUPREY. — Tu as raison, Marie, maisil n’y a pas que la fatigue chez mon gargon. Voilädeux semaines dejä que Perdita est hors de dan-ger. Robert pourrait etre fatigue et heureux. Est-il heureux? Non, et pourtant Perdita est guerie.Tant qu’elle etait menacee, je lisais en lui sanspeine; il ne songeait, cela va de soi, qu’ä la sauver.Mais depuis qu’elle est retablie, il est chaque jourplus triste, plus preoccupe. C’est cela qui m’in-quiete. Avec nous, il roste silencieux comme s’ilavait un secret ä garder.

M®e SERVlERES. — La secousse a ete plusforte que nous ne le pensions.

M me DUPREY. — Non, non, ce n’est pascela seulement, tu le sens bien comme moi.

Mme SERVlERES. — G’est vrai, il y a läquelque chose qui nous echappe.

Mme DUPREY. — Je ne puis supporter devoir Robert ainsi. Si nous savions ce qui le tour-mentc, nous pourrions sans doute venir ä sonsecours. Mais nous ne savons rien et sommes lä änous ronger dans notre impuissance. C’est pour-quoi j’ai pense, Marie, que tu pourrais causeravec lui et essayer de trouver ce qu’il nouscache.

Mme SERVlERES. — Crois-tu que c’est fa-cile? Ce serait ä toi de lui parier.

Mme DUPREY. — Ab! certes non. Je ne