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Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
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PRÜFACE

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non plus la societe, mais que, sains de corpset d’esprit, ils resteront des amants et quela « voix du sang » ne sera pour eux qu’unemetaphore. D’autres plus faibles, ou pluspenetres de litterature, dans un meme con-flit n’en pourront supporter la tension, ilsentreront au Service de Dieu ou mettrontfin ä leurs jours. Toutes ces Solutions sontpossibles et acceptables. Nous regardons deselres tortures par la passion et l’on n’attendpas de nous que nous soutenions dans undrame d’amour une these de morale kan-tienne. Du reste le cas de mes heros est siexceptionnel qu’on ne peut pas m’accuserde corrompre les moeurs dont la vie est in-dependante des Oeuvres que nous ecrivons.Les moeurs nous depassent ; elles nous de-vancent et il faut,ä chaque fois,un immenseeffort pour faire sortir la litterature des cli-ches oü eile s’attarde.

Mais, dit Antoine, oü cela mene-t-il?Quelle humanite voulez-vous qu’il y aitdans une Situation si anormale? — En verite,cela ne mene nulle part. Mais oü menePhedre? Oü mene Hamlet? et le Roi Lear?Pensez-vous, Antoine, que le cas du Cid nesoit pas exceptionnel au meme degre? Unefille qui va epouser le meurtrier de son pere.En voyez-vous beaucoup d’exemples autourde vous? La ehose reste rare et monstrueuse