Druckschrift 
Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
Entstehung
Seite
91
Einzelbild herunterladen
 

MADEMOISELLE BOURRAT

91

M lle BOURRAT, au milieu de aes larmes. —J’ai de la peine, papa.

M. BOURRAT. — Mais pourquoi? je ne com-prends pas.

M lle BOURRAT, pleuranl. — A cause duruban que maman m’a pris.

M. BOURRAT. — Mais c’est absurde, fifille,c’est absurde, il faut etre raisonnable. Tu enmettras un autre.

M lle BOURRAT. — Ce ne serait pas Ia memechose, papa.

M. BOURRAT. — Mais pourquoi? pourquoi?

(II s’arrange de fagon ä ne pas perdre de vue la

porle-fenHre.)

M lle BOURRAT, faisanl efforl pour reprendreson sang-froid. — Voilä, papa, voilä... Ce noeudde velours noir... je le portais... pour... pour lede-uil de mon petit, qui est mort, le mois dernier.

M. BOURRAT, emu. — Ah ! je comprends.

M lle BOURRAT. — Oui, 5a me faisait telle-ment de peine de ne pouvoir me mettre en deuilpour mon petit, qui est mort parce qu’on l’aenlev6 ä sa maman, bien sür. II me semblait qu’ilm’en voudrait lä-haut. Alors, j’ai pens6 que jeporterais ce ruban noir en Souvenir de lui, tou-jcurs, que je ne le quitterais jamais .(Ellepleure.)

M. BOURRAT, tres emu. — Ma pauvre fifille,ma pauvre fifille...

M n <> BOURRAT. — ficoutez, papa, le bonDieu, qui sait tout, me pardonnera de ne pasporterTe'Meuil de mon enfant, n’est-ce pas? IIlui expliquera que je n’ai pas meme pu garder ce