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Théatre : mademoiselle Bourrat ; la fille perdue
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MADEMOISELLE BOURRAT

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M me BOURRAT. — J’aime mieux etre mai-gre. C’est plus sain.

M me BOURRAT DE VERMAND. — Plussain ! je me porte aussi bien que vous, je pense.Et je n’ai pas mal aux yeux. (Elle se releve.) IIfaut que nous partions. Voilä la nuit. Viens,Caroline. (S’approchanl de M lle Bourrat.) Ne tra-vaille pas trop.

M lle BOURRAT. — Au revoir, ma tante.

(Monlrani les bouts de laine epars sur ses genoux.)Vous m’excuserez de ne pas me lever.

Mme BOURRAT DE VERMAND. — Maisoui. Qu’est-ce que tu fais lä?

M 1 i e BOURRAT. — C’est pour un fauteuil. Qarepresente un chien qui tient dans sa gueule le sacde voyage de son maltre. Alors, j’ai besoin debeaucoup de laines differentes.

Mme BOURRAT DE VERMAND. — Je com-prends, c’est ravissant. Mais ne travaille pastrop, tu vas te crever les yeux. Au revoir, petite.

CAROLINE. — Au revoir, cherie. (Elle l’em-brasse.) Soigne-toi bien. Et täche de n’etre pasmalade mardi prochain, comme les deux der-nieres fois que tu as du venir ä Vermand. Voiläplus d’un mois qu’on ne t’y a vue.

M lle BOURRAT. — Oh non ! j’espere bien.Au revoir.

Sorlenl ä droile les Irois dames.

Mne BOURRAT. — Ah ! j’ai eu peur ! II m’asemble que mon coeur cessait de battre. Mamanaussi a eu peur. Elle est devenue pale. (Regar-dant la pendule.) Cinq heures ! C’est l’heure oü