14
pr£face
si beau et si necessaire qu’il purifie tout cequ’il touche. Ici M me Pitoef m’a beaucoupaide. Par son attitude, par sa voix, par sonexpression, eile fait comprendre tout de suiteau speetateur pourquoi eile est attiree par lesvingt ans sains du jardinier. Jouee par uneautre, la scene avec Celestin presentait quel-que danger. Songez-y un peu, sur un theätreparisien, devant les spectateurs de Ta boucheet de Phi-Phi.
Quand j’y reflechis, et ä distance, je suispresque effraye par l’habilete avec laquellej’ai ecrit il y a vingt ans cette MademoiselleBourrat, et il me semble que si j’avais vouludevelopper uniquement les dons de metierqui y apparaissent, j’aurais pu, comme quel-ques autres, faire fortune au theätre. Maisj’avais d’autres preoccupations. J’avoue quej’ai souri quand j’ai vu un critique etrangerparier de ma naivete. Jepense que cet hommen’a lu quoi que ce soit de moi, et je suisbien loin de lui en vouloir. Mais ignore-t-ilque l’extreme simplicite est le dernier motde l’art? Je sais ä quelle distance je suis dubut, mais c’est tout de meme ce but-lä queje cherche k atteindre, et pas un autre.