PRKFACE
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Un ccßur qui fremit ä tous les Sentiments,qui se livre sans reserve, une sensibilite sicommunicative qu’il est impossible de resterinsensible lorsqu’on entend vibrer certainsmots. J’ai vu ä chaque fois Ludmila Pitoefsortir de scene au second ou au troisiemeacte de Mademoiselle Bourrat, secouee encorede sanglots, et des larmes coulant sur sesjoues. Et, Iorsque le texte Iui en donne l’oc-casion, quelle joie dans cette voix si merveil-leusement nuancee! eile s’emplit tout a coupde lumiere et de gaite...
Quand j’ai su que Ludmila Pitoef joueraitMademoiselle Bourrat, je respirai librement.Je me souvenais vaguement de ma piececomme d’une histoire assez sombre, assezosee aussi, avec quelques scenes — la der-niere du premier acte, et la scene avec lamere au second — assez dangereuses. Dumoment que Ludmila Pitoef les jouait, j’etaissür que, gräce ä son tact et ä son talent, cesscenes passeraient sans soulever l’ombred’une protestation. Et l’experience Ie de-montra.
A cöte d’elle, je fus servi par une troupeexcellente et homogene avec en tete M. Mi-chel Simon dans Ie pere Bourrat dont il fitune creation remarquable. Je ne crois pasque l’on oublie la scene oü ce pere malheu-reux pleure avec sa fillemalheureuse.M me Sil-