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PRßFACE
nomme directeur de l’Odeon. (Voilä qui fixe-rait enfin une date.) J’allai le voir et lui de-mandai de me rendre Mademoiselle Bourratqui me paraissait ne pouvoir etre jouee al’Odeon.
— Je passe ä l’Odeon avec mon drapeau,me repondit fierement Antoine.
II traversa danc les ponts avec son drapeauet Mademoiselle Bourrat. Mais il compritplus tard que ma piece ne pouvait etre repre-sentee dans ce theatre un peu suranne et mela rendit avec trois beaux billets de millefrancs, comme dedit.
J’etais 6bloui. Une piece, m6me non jouee,me rapportait trois mille francs tandis que lelivre ne m’avait pas donne un sou.
Mais qui prendrait Mademoiselle Bourrat?Je la remis a Gemier, successeur d’Antoine.Gemier, tout preoccupe de faire du theatred’art, s’empressait de monter SherlockHolmes.Et puis il n’y avait dans ma piece de role nipour lui, ni pour M me Megard. 0 garda le ma-nuscrit qui doit etre encore dans les archi-ves du Theatre Antoine et n’y pensa plus.
Que faire? Multiplier les demarches,mettreen jeu des influences? Je n’ai pas de goütpour l’intrigue, peut-etre parce que j’y suismaladroit; je ne puis attendre dans une anti-chambre, füt-elle de directeur (cette infir-mite m’a coöte eher); je ne fais pas de