4^8 Des Charlatans.
d’en ordonner fans des connoiffances plus nettesque celles qu’ont ordinairement les perfonnes quine font pas Médecins ; &C la circonfpeélion doitdans ces cas être proportionnée à l’intérêt qu’onprend au malade , & à la charité dont on efl animé.
585. Les mêmes confidérations ne font-ellespas (entir la nécefTité d’une entière docilité dela part du malade & des alliftants ? L’hifloire desmaladies qui ont leurs temps limités pour naître,fe développer , relier dans leur force , 'décroître,ne démontre-t-elle pas , & la nécefbté de lacontinuation des mêmes remedes , aulfi long-temps que le caractère de la maladie efl le mê-me , & le danger d’en changer fréquemmentpar la feule ràifon que celui qu’on a employéne foulage pas dans le moment. Rien ne nuitplus au malade que cette inflabilité. L’on doit,après avoir examiné les indications que fournitla maladie , choifir le remede le plus propre àen combattre la caufe , & en continuer l’ulàgetant qu’il 11e futvient aucune circonltance nou-velle qüi oblige à le changer , à moins qu’onne reconnoiffe évidemment qu’on s’eft trompé.Mais s’imaginer qu’un remede efl inutile parcequ’il ne détruit pas la maladie au gré de notreImpatience , & le rejetter pour en prendre unautre, c'eft cafter fa montre parce que l’aiguilleemploie douze heures à faire le tour du cadran.
(J 586. Les Médecins font quelque attentionaux urines des malades , dont les changementsdans quelques maladies, fur-tout dans les fievresinflammatoires, aident à juger des changementsqui furvier.nent dans le caractère des humeurs ,& contribuent à déterminer le temps où il con-vient de placer les évacuants ; mais c’eft uneignorance craife que de croire , & le comblede la fourberie que de perfuader que leur feuleinfpechcn fuffit pour juger des fyroptomes, de