Des Charlatans. Î.49
la caufe & des remedes d’une maladie ; elle nepeut être utile que quand on les obferve jour-nellement , quand on obl'erve en même-temps lemalade , quand on les compare aux fymptomesde mal , aux autres évacuations ; quand on eftexactement inftruit de toutes les circonftancesétrangères à la maladie qui peuvent les chan-ger , comme certains aliments , certaines boif-ions, plulïeurs remedes, la quantité de la boifîbn.Sil’on n’eft pas exactement inftruit de ces détails,la vue feule des urines eft abfolument inutile ,elle n’inltruit de rien , le feul bon fens le démon-tre fans que j’en détaille davantage les preuves ;& l’on peut hardiment décider que quiconqueordonne des remedes fans autre connoiffance dumal que l’infpection de l’urine, eft un frippon ,le malade qui les avale une dupe.
<$. 587 D’où vient , pourroit-on demander ,cette crédulité ridicule fur l’objet qui nous touchele plus, notre propre famé ?
Il y en a quelques caufes plus particulières aupeuple , & qui font t 1° L’imprcffion méchaniquedu brillant fur les fens ; 2° Le préjugé que lesMaîges guériffent par un don furraturel ; jeles avois déjà indiqués. 3 0 L’idée dans laquelleil eft allez généralement que fes maladies fontune claffe à part comme lui , & que le Mé-decin du riche ne les connoît pas. <1° L’erreurgénérale qu’il lui eh coûtera moins de recourirau Maîge ; 5 0 Peut-être une timidité honteufe»6° Une efpece de crainte que les Médecins & lesChirurgiens ne lui donnent pas affez de foin , &nele traitent trop cavalièrement : crainte qui aug-mente cette confiance qu’il a , & que tout hom-me a pour fon égal ; confiance fondée fur cetteégalité même ; 7 0 Des difcours dans fon goût &à fa portée.