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Des Remeâes
CHAPITRE XXXII.
Des Remedes de précaution.
Î38. T’Ai indiqué, dans quelques endroitsJ de cet ouvrage , les moyens de pré-venir les mauvais effets de plufieurs caufes demaladie , & d’empêcher le retour des maux ha-bituels ; j’ajouterai ici quelques cbfervations furl’ufage des principaux remedes qu’on emploiecomme des préfervatifs généraux, affez régulière-ment dans de certains temps, & prcfque toujoursuniquement par habitude , fans favoir fi l’on atort ou raifon.
Ce n’eft cependant point une chofe indifférenteque l’ufage des remedes ; il eft ridicule , dan-gereux , criminel même de les négliger , quandils font néceflaires ; mais il l’eft aufii d’en pren-dre fans néceffité. Un remede pris à propos ,quand il y a dans la machine quelque dérange-ment qui occafionneroit dans peu une mala-die , l’a fouvent prévenue ; mais ce même re-mede , donné à une perfonne bien portante , s’ilne la rend pas malade d’abord , lui laiffe aumoins plus de difpofitions aux maladies ; & l’onn’a que trop d’exemples de gens qui , ayantmalheureufement du goût pour les remedes , ontruiné leur lànté , quelque robulle qu’elle fût ,par l’abus de ces dons que la Providence afait aux hommes pour la rétablir ; abus qui ,lors même qu’il ne détruit pas la fanté , faitque dans la maladie , ce corps , à qui les re-medes l'ont devenus-familiers, n’en relient pref-que plus les effets, & eft privé par-là du fecours