Des Charlatans. 247
Quand on fera bien rempli de ce principe ,on ne s’en laiflera point impofer par des tiffîisde fophifmcs deftinés à prouver que toutes lesmaladies viennent d’une catife, & que cette caufeeft de nature à céder au remede vanté. On com-prendra d’abord qu’une telle affertion eft le com-ble de la fourberie ou de l’ignorance , &C l’on dé-couvrira bientôt où eft le lophifme. Peut-on etpércr de guérir une hydropifie, qui vient de ceque les fibres font trop lâches ik le fang tropdifîbut , avec les remedes qu’on emploie pourguérir une maladie inflammatoire , dans laquelleJes fibres font trop roides & le làng trop épais ?Parcourez les annonces publiques , vous trouve-rez dans toutes des vertus auili contradictoires ,& ceux qui les font, feroient fans doute punifià-bles juridiquement.
($. 583. Je fouhaite qu’on fafie une réflexionqui fe préfente naturellement ; je n’ai traité queet un très-petit nombre de maladies , ce font pres-que toutes des maladies aiguës , je puis aflurerqu’aucun Médecin éclairé n’a jamais employémoins de remedes ; cependant j’en indique foixan-te & onze , & je ne faurois lequel retrancher fij’y étois obligé. Comment peut-on efpéter quel’on guérira avec un feul remede dix & vingt foisplus de malades que je n’en indique ?
584. J’ajouterai une obfervation très-impor-tante , & qui fe feroit fans doute préfentée àplufieurs lecteurs ; c’eft que les différentes caufesdes maladies, leurs divers caraéferes, les diffé-rences qui dépendent des changements néceflàiresquiarrivent pendant leur durée,les complicationsdont elles font fufceptibles , les variétés qui dé-pendent des épidémies, des faifons , des fexes.,de plufieurs autres circonftances, obligent très—fouvent à faire des changements dans les reme-des , ce qui proave combien il eft dangereux
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