246 Des Charlatans.
que par les circonflances que je viens d’indiquer.
$■ 581. Il n’y a prefque pas d’année qu’il nes’accrédite quelqu’un de ces remedes , dont lesravages font plus oa moins grands , à propor-tion de leur plus ou moins de vogue. Peu , heu-reufement , en ont eu autant que les poudresd’un nommé Ailhaad , habitant d’Aix en Pro-vence , & indigne du nom de Médecin , qui ainondé l’Europe , pendant quelques années , d’unpurgatif âcre , dont 1e fouvenir ne s’éteindra quequand toutes fes victimes auront fini. Je foignedepuis long temps plufieurs malades , dont j’a-doucis les maux fans efpérer de les guérir jamais,& qui ne doivent les trilles jours qu’ils coulentqu’à l’ufage de ces poudres ; & j’ai vu depuistrès-peu de temps , deux perfonnes que ce poi-fon a tué cruellement. Un Médecin Français ,aufii célébré par fes talents & fes connoillancesque recommandable par fon caractère , a publiéquelques-unes des finiltres cataltrophes que fonufage avoit occafionnées , & fi on recueilloit cesobservations dans tous les endroits où on l’aemployé , on formerait un volume qui effraie-rait.
<$. 58a. Heureufement tous ces remedes qu’ondébite ne font ni auffi accrédités. ni auflï dange-reux ; mais l’on doit juger toutes ces affichesfur ce principe : je n’en connois point de plusVrai en Phyfique & en Médecine ; c’eft que qui-conque annonce un remede univerfel, elt un im-polteur , & qu’un tel remede elt impoflïble &contradictoire. Je n’entrerai point dans des dé-tails de preuve ; mais j’en appelle hardimentà tout homme fenfé qui voudra bien réfléchirun moment fur les differentes caufes des mala-dies , fur l’oppofition de ces caufes, & furl’abfur-dité de vouloir les combattre toutes avec le mê-me remede.