Des Charlatans. 141
malades. Quelqu’éloigné que foit le Médecin vété-rinaire , ou l'homme qu'on croit tel, ( car mal-hcureufement il n’y en a point dans ce pays, )s’il a beaucoup de réputation , il va le confulter,ou il le fait venir à tout prix ; quelque coûteuxque foient les remedes qu’il indique, s’ils partentpour les meilleurs , il le les procure ; mais dèsqu’il s’agit de lui , de fa femme , de fes enfants,il fe pail'e de fecours , ou fe contente de ceuxqui s’offrent fous fa main , quelque pernicieuxqu’ils foient , fans en être moins coûteux ; carc’effune injuftice criante que les fomtnes extor-quées par quelques Maîges , ou aux patients ,ou , plus fbuvent, à leurs héritiers.
$. 572. L’on trouvera, dans un excellent mé-moire fur la population de ce pays , qui eflprêt à paroitre , une obfervation importante &qui démontre évidemment les ravages des Maî-ges ; e’efl: que dans les années communes, la pro-portion entre le nombre des habitants d’un lieuâc des morts , n’eft pas extrêmement différenteà la ville & à la campagne ; mais quand la mê-me épidémie attaque la ville ôc les villages, cettedifférence ert: énorme , & le nombre des morts ,comparé à celui des habitants dans le village oùle Maîge exerce fon empire deltruclif, eft infini-ment plus grand que dans la ville.
Je trouve dans le fécond volume des Mémoi-res de la Société Économique de Bernepour 17il , un autre fait également important,rapporté par un des plus éclairés Obfervateurs quitravaillent pour ce journal. » Il régné , dit-il ,» ( à Cottens à la Côte ) des plcuréfies & des» péripneumenies ; il en elt mort quelquespayfans» de ceux qui , confultant les Maîges , ont prisn leurs remedes échauffants; ceux qui ont fuivi» la méthode oppofée.fe font prefque tous tirés» d’affaire. «
Tome II.
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