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Tome Second (1766)
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242
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44 1 C)es Charlatans.

$ 573 - Je ne puis pas métendre plus long-temps fur cette matière , dont lamour de lhu-manité'ma forcé à dire quelque chofe , mais quimériterait détre traitée plus au long , & qui eftde la plus grande conféquence. 11 ny a que lesMédecins qui puiffent fe tranquillifer fur cet hor-rible abus , sils nétoient animés que par desvues dintérêt, puifque les Maîges diminuent lenombre des confultants du peuple , qui ne fontpour eux quune occupation pénible. Mais queleft le Médecin affez vil pour vouloir acheterquelques heures de tranquillité à un prix aufficher & aulii odieux ?

574. Après avoir montré le mal , je fouhai-terois de pouvoir indiquer des remedes fûrs ,mais cela eft difficile.

Le premier , ceft peut-être davoir fait con-noître le danger , & davoir fait tourner les yeuxfur cet homicide abus , qui , joint aux autrescaufes de dépopulation , tend à rendre ce paysdéfert.

575. Le fécond , & , fans contredit, le plusefficace , eft celui dont jai déjà parlé : nadmet-tre aucun Charlatan paflànt, & iignaler tous lesMaîges ; peut-être même quil conviendrait deleur infliger des peines corporelles , comme el-les ont été ordonnées en différents lieux par desEdits fouverains ; on devroit au moins les cou-vrir dinfamie , en fuivant une pratique ulîtéedans une grande ville de France. » Quand il fe» ti ouvoit des Charlatans à Montpellier, on étoit» en pofleffion de les mettre fur un âne maigre

fâcheux , la tête tournée vers la queue ; onjj'les promenoit en cet état, par toute la ville,» au bruit des huées des enfants & de la popu-/» lace , les frappant , leur jettant des ordures ,» les tiraillant de tous côtés , & les maudif-» lant. «