a 4 ° _ Des Charlatans.
font cet horrible métier que pour fournir à leurboilfon , & ne l’exercent que dans le vin ; qui nefe font faits Médecins que parce qu’ils étoient in-capables d’étre quelque chofe ! Une telle conduiteparoîtra, à tout homme fenfé ,1e comble de l’ex-travagance.
Si l’on entroit dans l’examen des remedes qu’ilsemploient , fi on les comparait aux befoins dumalade à qui ils les ordonnent , on ferait faifid’horreur , & l’on gémirait fur le fort de cetteinfortunée partie du genre humain dont la vie ,fi importante k l’Etat , eft miférablement con-fiée aux plus meurtriers des Etres.
570. Quelques-uns d’eux , fentant bien ledanger de l'objection tirée du manque d'études ,ont cherché à la prévenir , en répandant parmile peuple un préjugé qui n’eft que trop accré-dité aujourd’hui ; c’eft que leurs talents pour lamédecine font un don furnaturel , fort fupé-rieur, par-là mémo, à toutes les connoiffanceshumaines. Ce n’eft point à moi à montrer l’in-décence, le crime , l'irréligion d’une telle four-berie , ce ferait empiéter fur les droits de Mef-fieurs les.Pafteurs ; mais qu’il me foit permis deles averti r, q ue cette branche de fuperftition a yantles fuites ies plus cruelles, mérite toute leur at-tention ; & en général , il forait d’autant plus àfouhaiter qu’on combattît la fuperftition , qu’unefprit imbu de préjugés faux , n'eft pas propreà recevoir une doctrine véritable. Il y a des fcé-lérats qui, efpérant de s’accréditer parla crainteautant que par l’efpérance , ont pouffé l'horreurjufqu’à laiffer douter s’ils tenoient leur puilfancedu Ciel ou de l’enfer. Voilà les hommes qui dif-pofent de la vie des autres.
$. 571. Un fait que j’ai déjà indiqué , & qu’onn’expliquera jamais, c’eftl’empreffcment du payfàraà fe procurer les meilleurs fecours pour fts bêtes
malades,