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Tome Second (1766)
Entstehung
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239
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Des Charlatans. 1;9

ture , des caufes de fes mouvements, & des inl-truments qui peuvent la rétablir.

Quun foldat chaflë de (on régiment, à eau<ede l'es coquineries , ou qui a déferté par liber-tinage; quun banqueroutier, quun eccléûaftiqueflétri, quun barbier ivrogne , quune foule dau-tres perî'onnagesaujTi vils, viennent afficher quilsremontent les bijoux dans la perfection , sils nefont pas connus , fi lon ne voit pas de leur ou-vrage , fi lon na pas de témoignages authenti-ques de leur probité, & de leur habileté , per-fonne ne leur confiera pour quatre lois de pier-res fàultes , ils mourront de faim. Mais quaulieu de fe faire Jouailliers , ils saffichent Méde-cins , on achètera très-chèrement te plaifir deleur confier vie , dont ils ne tarderont pas àempoifonner les reftes,

Ç. 569. Les plus grands Médecins , ces hom-mes rares , qui , nés avec les plus heureux ta-lents , ont éclairé leur efprit dès leur plus ten-dre enfance ; qui ont cultivé enfuite avec lointoutes les parties de la phyfique; qui ont facri-fié les plus beaux moments de leur vie à une étu-de fuivie & aflidue du corps humain , de fesfondions, des caufes qui peuvent les empêcher,& de tous les remedes ; qui ont furmonté le-fagrément de vivre dans tes hôpitaux , parmi desmilliers de malades ; qui ont réuni à leurs pro-pres obfervations , celles de tous les temps & detous les lieux : ces hommes rares, dis-je , ne-fetrouvent pas même tels quils voudroient êtrepour fe charger du précieux dépôt de la fantéhumaine ; & on le remettra à des hommes gref-fiers , nés fans talents , élevés fans culture ; quifouvent ne favent pas lire ; qui ignorent tout cequi a quelque rapport à la Médecine , avifli pro-fondément queles mœursdes fauvages afiatiques;qui nont veillé que pour boire ; qui fouvent ne