, Des Charlatans.
tnedes qui en tuentplufieurs, & en guérHTent un,qui le trouve la force de ratifier, un peu plusvue que ne l’auroitfàit un Médecin. Il ne feroitque trop aifé de fe procurer , dans toutes lesparoilfes, des catalogues qui mettroient fous lesyeux la vérité de toutes ces propofitions.
567. Le crédit de ce Charlatan de foire, quecinq ou fix cens payfans entourent, grands yeuxùuverts , gueule béante , &C fe trouvant fort heureuxqu’il veuille bien leur fripponner leur néceffai-re, en leur vendant, quinze ou vingt fois au-delàde la valeur , un remede dont la plus grande qua-lité feroit d’être inutile ; le crédit, dis-je , de cefrippon toléré tomberait bientôt, (i l’on pou-voit perfuader à chacun de fes auditeurs, ce quielt exactement vrai, qu’à un peu de foupleffe prèsdans la main , il en fait tout autant que lui , &Cque , s’il peut acquérir fon impudence, il auradans un moment la même habileté , & mériterala même réputation & la même confiance.
568. Si le peuple raifonnoit , il feroit aiféde le défabufer ; mais ceux qui le conduifent ,doivent raifonner pour lui. J’ai déjà prouvé leridicule de fa confiance aux Charlatans, propre-ment ainfi dits ; celle qu’il a pour les Maîges eftencore plus infenfée.
L’art le plus vil s’apprend ; l’on n’eft favetier ,l’on ne raccommode de vieux morceaux de cuir ,que quand on a fait un apprentilfage , & l’on n’enfera point pour l’art le plus néceflàire, le plus utile,le plus beau ! L’on ne confie une montre, pour laraccommoder , qu’à celui qui a paffé bien desannées à étudier comme elle efi faite , & quel!les font les caufes qui la font bien aller , &c quila dérangent , & l’on confiera le foin de rac-commoder la plus conipofée , la plus délicate „& la plus précieufe des machines , à des gensqui n’ont pas la plus petite notion de fa urutp