Des Charlatans. lyf
qu'il a en faveur des Charlatans, l’efl: cependantmoins , parce que ne les connoiflànt pas , ilpeut leur fuppofer une partie des talents & desconnoiiiànces qu’ils s’arrogent. Il faut donc l'a-vertir, &T on ne peut trop le lui redire , que ,malgré l’appareil pompeux dont quelques-uns léparent, ce font toujours des hommes vils, qui,incapables de gagner leur vie par aucun travailhonnête , ont fondé leur fubliftance fur leur pro-pre impudence Si fon imbécille crédulité ; qu’ilsn’ont aucune connoiflânce ; que leurs titres & leurspatentes font fans aucune autorité , parce que,par un miférable abus , ces aétes font devenusune denrée de commerce , qu’on obtient à très-Vil prix, tout comme le furtout galonné qu’ilsachètent à la fripperie ; que leurs certificats deguérifons font chimériques ou faux , 8c qu’enfïn ,quand furie nombre prodigieux de gens qui pren-nent leurs remedes, il y en auroit quelques-unsde guéris , & il eft prefque phyfiquement im-pofhble que cela n’arrive pas , il n’en feroit pasmoins vrai que c’eft une efpece deflruélive. Uncoup d’épée dans la poitrine , en perçant unabcès , fauva un homme , que ce mal auroittué ; les coups d’épée n’en font pas moins mor-tels. Il n’eft pas étonnant même que ces gens-là , ( je dis la même chofe des Maîges ) quituent des milliers de gens, que Ta nature feuleou aidée des fecoursde la Médecine-, auroit fau-vés, guérifTent, de temps en temps, un maladequi a été entre les mains des plus habiles Mé-decins. Souvent les malades de l’ordre de ceuxqui s’adreflent aux gens de cet acabit, foit qu’ilsne veuillent pas s’aftreindre au traitement qu'exi-ge leur maladie , foit que rebuté par leur peude docilité , le Médecin ne leur continue pas fesconfeils, vont chercher des gens qui leur promet-tent tmeguérifon prompte, Si hazardent des re-