2-3 6 _ Des Charlatans.
mais y faire le plus petit bien. Des raiforts anflifortes peuvent-elles permettre de différer pluslong-temps leur exil, puifqu’il n’y a pas la pluspetite raifon de les admettre ?
$• 564. Les Maîges n’emportent pas , il eftvrai , l’argent du pays, comme les Charlatans
E allants , mais le ravage qu’ils font parmi lesommes, eft continuel , & par-là même im-menfe ; & chaque jour de l'année eft marqué parle nombre de leurs viéiimes. Sans aucune con-moilîànce , fans aucune expérience , armés detrois ou quatre rcmedes , dont ils ignorent aulliprofondément la nature que celle des maladiesdans lefquelles ils les emploient, & qui, étantprefque tous violents, font véritablement un glai-ve dans la main d’un furieux , ils empirent lesmaux les plus légers , & rendent, à coup fûr,mortels ceux qui font un peu plus graves, maisqui fe feroient guéris fi on les eût feulementabandonnés à la nature; à plus forte raifon s’ilsavoient été bien traités.
56j.Le brigand, quiaflàiïine au milieu d’ungrand chemin , laiffeau moins la double reffourcede fe défendre & d’être fecouru ; mais l’empoi-fonneur , qui turprend la confiance du maladeSc le tue , eft cent fois plus dangereux & auffipuniffable.
L’on fignale les bandes de voleurs qui s’intro-duifent dans le pays ; il feroit à fouhaiter qu’oneût un rôle de tous ces faux Médecins de l’un &de l’autre fexe , & qu’on en publiât la defcrip-rion la plus exacte , accompagnée de la liftede leurs exploits fanglants. L’on inlpireroit peut-être par-là une frayeur falutaire au peuple , quiné s’expoferoit plus à être la victime innocentede ces bourreaux.
$. 566. Son aveuglement fur cette double ef-pécc d’êtres mal-faifants } eft inconcevable. Celui