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Tome Second (1766)
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Des Charlatans. 2j >

fiflera , rendra inutiles toutes les précautionsquon prendra pour 1a confervation au peuple ;ce font les Charlatans. Jcn diftinguerai de deuxefpeces ; les Charlatans paffants, & ces fauxMédecins de villages, tant mâles que femelles ,connus dans ce pays fous le nom de Maîges , Scqui le dépeuplent lourdement.

Les premiers, fans vifiter des malades, débi-tent des remedes dont quelques-uns ne font quex-térieurs , ôc fouvent ne font point de mal ; maisles intérieurs font très-fouvent pernicieux ; jenai vu les effets les plus cruels , & il ne paflepoint de ces miférables, dont lentrée au paysne coûte la vie à quelques-uns de fes habitants.Ils nuifent encore dune autre façon , en empor-tant une grande quantité d'argent comptant, âcen enlevant annuellement quelques milliers defrancs à cette partie des habitants, pour qui lar-gent eft le plus précieux. Jai vu , avec douleur,le laboureur Si lartifan , dénués des fecours lesplus nécelfaires à la vie, emprunter de quoi ache-ter chèrement le poifon deftiné à combler leurmifere , en aggravant leurs maux , & fouventen les jettant dans des maux de langueur quiréduifent toute une famille à la mendicité.

§. 563. Un homme ignorant, fourbe , men-teur Si impudent, féduira toujours le peuplegroffier & crédule , incapable de juger de rien ,de rien apprécier, qui fera éternellement la dupede quiconque aura la bafTefle de chercher aéblouir fes fens, Si qui par- même fera frip-ponné par les Charlatans, tant quon les tolérera.Mais le Magidrat, fon tuteur , fon protecteur ,fon pere , ne devroit-il pas le foultraire à cedanger, en prohibant févérement lentrée de cepays, les hommes font précieux, Si largentrare , à des hommes pernicieux , qui détruilentles uns , & emportent lautre , fans pouvoir ja-