5-5-4 ( Des Saignées
Dans quelque état que ce foir, quelque robufteque foit le fujet, fi la faignée n’eft pas néceflài-re , elle nuit. Les fàignées réitérées affoibiiffent,énervent, vieilliflint , diminuent la force de lacirculation , & par-là engraiflènt d’abord , en-fuite en afFoiblifîant trop &c en détruifant enfinles digeftions, jettent dans l’hydropifie. Elles dé-rangent la tranfpiration , Se par-la rendent ca-tharreux. Elles affoibliffent le genre nerveux , &par-là rendent fujets aux vapeurs, à 1 hypocon-drie , à tous les maux des nerfs.
L’on n’apperçoit point d’abord le mauvais effetd’une faignée ; au contraire , quand elle n’efl: pasafiez confidérable pour affoiblir fenfiblement ,elle paroît donner du bien-être : mais , je lerépété , il n’en eft pas moins vrai que quandelle n’eft pas néceffairc , elle eft nuifible , &qu’on ne doit jamais fe faire faigner par jeu.L on a beau dire que quelques jours après l’ona plus de fàng ; c’eft-à-dire l’on eft plus pefantqu auparavant, & qu’ainfi le fang eft bien viterépare. Le fait eft vrai ; mais ce fait même ,cette augmentation de poids après la faignée ,dépofe contr’elîe ; c’eft une preuve que les éva-cuations naturelles fe font moins bien faites, &qu’il eft refté dans le corps des humeurs qui dé-voient en fortir. L’on a bien la même quantitéde fang & au-delà , mais ce n’eft point un fangbien travaillé , & cela eft fi vrai que , fi lachofe étoit autrement , fi quelques jours aprèsla faignée on avoit une plus grofle quantité defang femblable , on pourroit démontrer quequelques faignées jetteroient néceflàirement unhomme robufte dans une maladie inflamma-toire.
$. 543 . La quantité de fang qu’on doit tirerdans une faignée de précaution, à un hommefait , eft de dix onces.