I ï6 Des Contusions.
manifefte d’abord , n’eft qu’une petite partie dàmal réel ; fouvent même on ne découvre aucunmal les premiers jours, & il ne fe déclare quequand il n’eft plus temps d’y remédier.
$• 443. Il n’y a que quelques femaines qu’unTonnelier vint me confulter ; fa refpiration , laphyfionomie , la vîtelfe , la petitefle , fie le peuoe régularité de fon pouls, me firent d'abordjuger qu’il y avoit du pus dans la poitrine. Ilalloit fie venoit cependant encore , fie travailloicmême à quelques fondions de fon métier.Il avoitfait une chûte en remuant des tonneaux , fie toutle poids de fon corps avoit porté fur le côtédroit de la poitrine. Il ne fentit cependant pref-que rien d’abord ; mais quelques jours aprèsil commença à avoir une douleur fourde danscette partie , qui continua fie amena la gêne dansla refpiration , la foibleffe , le mauvais fom-meii, le manque d’appétit. Je lui ordonnai lerepos, je lui défendis la viande fie le vin , fie jelui confeillai la tifane d’orge avec un peu demiel , bue abondamment. II ne fuivit avec ré-gularité que le dernier confeil. Quelques joursaprès , l’ayant rencontré , il me dit qu’il fe trou-vait mieux ; fie dans la même femaine je fusqu’on l’avoit trouvé mort dans fon lit. L’abcèss’étoit fûrement rompu , fie l’avoit étouffé.
444. Un jeune homme, emporté par uncheval, fut froiffé contre la porte d’une écurie,fans reffentir d’abord aucun mal. Au bout d’unedouzaine de jours , il eut les mal-aifes qu’011 aau commencement d’une fievre ; l’on crut qu’ilavoit une fievre putride , fie il fut très-mal traitépendant plus d’un mois. Enfin une confulte dé-cida qu’il avoit du pus dans la poitrine ; on l’en-voya chez lui, fie l’opération de l’empyeme putbeureufement le guérir, après un an de fouffraïi-ces. J’ai cité ces deux exemples pour prouver