Des Contufîons. I $7
le danger qu'il y a à négliger les coups violents ;puifque ces deux malades auroient évité, l'unla mort, l’autre une maladie longue & cruelle,s’ils avoient pris, d’abord après l’accident, lesprécautions néceflàires dans ces cas.
445. Quand une partie elt meurtrie, il ar-rive de deux chofcs l’une, & ordinairement tou-tes deux à la fois, fur-tout fi la meurtriflure eftun peu conlidérable ; ou les petits vaifleaux dela partie meurtrie font brifés, & le fang qu’ilscontenoient s’épanche dans le voifmage ; ou ,fans épanchement , ces vaifleaux perdent leurforce , & n’aidant plus la circulation , le fangcroupit. Dans l’un &C l’autre cas , fi la nature,ou feule ou aidée , n’y remédie pas, il furvientinflammation , fuppuration de mauvaife efpece,pourriture, gangrené, fans parler des accidentsqui dépendent de la meurtriflure de quelque par-tie particulière , comme nerf, gros vaiffèau ,os, &c. L’on comprend aufli tous les dangers dela meurtriflure , quand elle a attaqué quelquepartie intérieure , & que le fang s’eft épanché ,ou que la circulation ne fe fait plus dans quelquepartie importante à la vie. C’eft-là la caufe dela mort Subite des perfonnes qui ont fait quelquechûte violente , ou reçu quelques corps pefantsfur la tète, ou quelques coups fans qu’il paroifleaucun mal extérieurement.
L’onaplufieurs exemples de morts fubites aprèsun coup de poing fur le creux de l’eftomac , quioccafionnoit la rupture de la rate.
C’eft parce que les chûtes occafionnent une lé-gère meurtriflure générale, tant intérieure qu’ex-térieure , qu’elles ont quelquefois des fuites lifâcheufes , fur-tout pour les vieillards , chez les-quels la nature , déjà affoiblie , ne rétablit pointles défordres ; aufli l’on en voit pluüeurs qui ,