les Enfants. III
paraîtra révoltante à nombre de meres ; ellescroiront tuer leurs enfants , & elles n’aurontpoint le courage fur-tout de réfifter aux crisqu’ils font fouvent les premières fois qu’on, leslave ; mais fi elles les aiment véritablement ,elles ne peuvent pas leur donner une marqueplus réelle de cette tendreflç qu’en furmontanten leur faveur cette répugnance.
Les enfants foibles font ceux qui ont le plusbefoin d’être lavés (i); les très-robuftes peu-vent s’en palier , & l’on ne peut croire, qu’a-près l’avoir vu fouvent, combien cette méthodecontribue à leur donner promptement des forces.J'ai le plaifir de voir, depuis que j'ai cherchéà l’introduire ici, que plufieurs meres les plustendres & les plus raifonnables l’ont employéeavec le plus grand fuccés. Les fages-femmes,qui en ont été les témoins, les ncru*rices Sc lesfilles d’enfants qui en ont été les exécutrices, larépandent; & fi elle peut devenir générale, com-me tout me l’annonce , je fuis pleinement perfua-dé qu’en confervant un très-grand nombre d’en-fants , elle contribuera à arrêter les progrès dela dépopulation.
Il faut les laver très-réguliérement tous lesjours, quelque temps & quelque faifon qu’il faf-fe, & dans la belle faifon les plonger dans desféaux, dans des bafiins de fontaine, dans desruiffèaux , dans des rivières , dans le lac.
Après quelques jours de pleurs, ils s’accoutu-ment tous fi bien à cet exercice , qu’il devientun de leurs plaifirs, & qu’ils rient pendant toutel’opération.
( i ) Il v a cependant un degré de füiblcfie qui doit rem-pêcher ; c’cll quand l’enfant a befoin de chaleur , de cor-diaux /de filetions, pour ne pas périr de foibleflc ; cardans ces circonftances nous croyons qu’on lui nuiroic en.1* lavant avec de l’eau froide.