' 8 ' Fievres
$. 138. Quand le mal eft abandonné à lui-même, ou mal foigné, ou plus fort que les re-medes, ce qui n'eft pas rare, la fievre augmen-te , les redoublements deviennent plus longs,plus fréquents, irréguliers ; il n’y a point de bonsmoments; le ventre fe tend comme un ballon,ce qu’on appelle météorifme ; les rêveries fur-viennent ; le malade ne fent plus fes befoins,& lé falit dans fon lit ; il refuie les fecours ,parle continuellement, avec un pouls vite, petit,Irrégulier. Il paroit quelquefois de petites ta-ches d’un brun livide fur la peau , fur-tout ducol, du dos & de la poitrine. Toutes les ma-tières qui fortent du corps du malade ont uneodeur très-puante; il furvient des mouvementsconvullifs, fur-tout au vifage ; il ne fe coucheque fur le dos, &c tombe infenfiblement vers lespieds du lit ; il chajje aux mouches ; le pouls de-vient li petit & fi vite qu’on ne peut qu’à pei-ne le fentir, & point le compter. L’angoilfe pa-roit inexprimable , il coule une fueur de dé-trelfe, la poitrine s’emplit, & l’on meurt miféra-/ blemenr.
$ 139. Quand la maladie eft moins violente,ou qu’elle eft bien traitée, & que les remcdesrcufriffent, le mal refte quelques jours dans l’é-tat décrit ( §. 237 ), fans empirer <Sc fans dimi-nuer ; il ne furvient aucun des fymptnmes ( §.2.38 ) , mais au contraire , tous les fymptomesdiminuent, les redoublements font moins longs ,& moins violents, le mal de tête plus fuppor-table , les felles font moins fréquentes, plusabondantes & foulagent ; les urines coulentabondamment, quoiqu'elles continuent à varier;on recouvre un peu de fommeil, & il eft plustranquille; la langue fe nettoie, & chaque jourla fanté fait quelques progrès.
§. 240. Cette maladie n’a pas de terme fixe,