Des Panaris. 1S5
portables. La partie devient extrêmement grofle& rouge ; les doigts voifins, toute la main en-flent. On obferve dans quelque cas une fuféeenflée & rouge, qui commençant à la partie ma-lade , fe continue prefque juiqu’au coude ; & iln’eft pas rare que les malades le plaignent d’unedouleur très-vive fous l’épaule , quelquefois mê-me tout le bras eft exceflivement enflé & en-flammé. Les malades ne dorment point , & lafievre avec les accidents ne tarde pas à paroître.
Si le mal eft très-grave, le délire & les convul-fions furviennent.
L’inflammation du doigt fe termine , ou parla fuppuration , ou par la gangrené. Quand cedernier accident arrive, le malade eft dans undanger très-preflànt , s’il n’eft promptement fe-couru , & il a fallu plus d’une fois couper lebras pour fauver la vie. Quand la fuppuration fefait, fi elle eft très-profonde , âcre, on fi lesfecours du Chirurgien arrivent trop tard , la der-nière phalange du doigt eft ordinairement cariée,
& on la perd. Quelque léger qu’ait été le mal , ileft rare que l’ongle ne périfîepas.
Ç. 434. Le traitement intérieur des panaris eftle même que celui des autres maladies inflamma-toires. Il faut fe mettre au régime, plus ou moinsexactement, à proportion du degré de la fievre ,& fi elle eft très-forte & l’inflammation confidé-rable, faire une ou plufieurs faignées.
Le traitement extérieur confifteà diminuer l’in-flammation , à amollir la peau , & à donner ifiueau pus dès qu’il eft formé.
Pour cela, i° l’on trempe long - temps ledoigt, dès le commencement du mal, dans l’eauun peu plus que tiede ; on reçoit aufli la vapeur£e l’eau bouillante ; & en faifant cela prefque(continuellement pendant le premier jour, on eft/cuvent parvenu à dilfiper entièrement le mal.