134 Des corps arrêtes
Une châtaigne , qu’un enfant avaloit entière ,le tua. Un autre enfant périt promptementétouffé , ( car c’efl toujours d’étouffement qu’onpérit fi vite ) par une poire qu'il avoit jettéeen l’air, & reçue dans fa bouche. Une poire aaufli tué une femme. Un morceau de tendon ,( ce qu’on appelle ordinairement nerf) relia ar-rêté huit jours , fans que le malade pût rien ava-ler; au bout de ce temps , il tomba dans l’efto-mac, dégagé par la pourriture ; mais le ma-lade mourut bientôt après, tué par l’inflamma-tion , la gangrené & la foiblefle. L’on a mal-heureufement une foule d’exemples femblables ,mais il efl inutile d’en citer un plus grandnombre.
$. 409 Quand un corps efl arrêté , il y a deuxmoyens de le dégager, qui font de le retirer,ou de le pouffer. Le plus fûr ell toujours de leretirer, mais ce n’eft pas toujours le plus ailé;& comme les efforts qu’on fait pour cela fati-guent beaucoup le malade , & ont quelquefoisdes fuites fâcheufes ; que d’ailleurs le mal cft fou-vent extrêmement preffant, il convient de poufferfi cela cft plus aifé , & s’il n’y a point d’incon-vénients à faire entrer le corps arrêté dansl’eftomac.
Les corps qu’on peut pouffer fans rifque , fonttous les-aliments ordinaires, comme le pain , lesviandes , les gâteaux , les fruits, les légumes ,les morceaux de boyaux, le cuir même. Ce n’eftpas que de très-gros morceaux de certains ali-ments ne foient prefque indigeftibles , mais ileft rare qu’ils foient mortels.
$• 410. Les corps qu’on doit chercher à reti-rer , quoique cela foit beaucoup plus pénibleque de les poufier, font tous ceux dont l’effetpourroit être très-dangereux, & même mortel,fi on les avaloit. De cette claffe font tous les