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Tome Second (1766)
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134
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134 Des corps arrêtes

Une châtaigne , quun enfant avaloit entière ,le tua. Un autre enfant périt promptementétouffé , ( car cefl toujours détouffement quonpérit fi vite ) par une poire qu'il avoit jettéeen lair, & reçue dans fa bouche. Une poire aaufli tué une femme. Un morceau de tendon ,( ce quon appelle ordinairement nerf) relia ar-rêté huit jours , fans que le malade pût rien ava-ler; au bout de ce temps , il tomba dans lefto-mac, dégagé par la pourriture ; mais le ma-lade mourut bientôt après, tué par linflamma-tion , la gangrené & la foiblefle. Lon a mal-heureufement une foule dexemples femblables ,mais il efl inutile den citer un plus grandnombre.

$. 409 Quand un corps efl arrêté , il y a deuxmoyens de le dégager, qui font de le retirer,ou de le pouffer. Le plus fûr ell toujours de leretirer, mais ce neft pas toujours le plus ailé;& comme les efforts quon fait pour cela fati-guent beaucoup le malade , & ont quelquefoisdes fuites fâcheufes ; que dailleurs le mal cft fou-vent extrêmement preffant, il convient de poufferfi cela cft plus aifé , & sil ny a point dincon-vénients à faire entrer le corps arrêté dansleftomac.

Les corps quon peut pouffer fans rifque , fonttous les-aliments ordinaires, comme le pain , lesviandes , les gâteaux , les fruits, les légumes ,les morceaux de boyaux, le cuir même. Ce neftpas que de très-gros morceaux de certains ali-ments ne foient prefque indigeftibles , mais ileft rare quils foient mortels.

$ 410. Les corps quon doit chercher à reti-rer , quoique cela foit beaucoup plus pénibleque de les poufier, font tous ceux dont leffetpourroit être très-dangereux, & même mortel,fi on les avaloit. De cette claffe font tous les